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Peau de chagrin

Maison des arts de Créteil - Peau de chagrin

Peau de chagrin

Gaëlle  Choisne

Gaëlle Choisne
née en 1985
vit et travaille entre Paris et Amsterdam
http://www.gaellechoisne.com

Gaëlle Choisne propose des installations où règne une confusion entre sculpture et image. Elle entremêle des structures prenant la forme de bribes d’architecture, moulages, assemblages, modelages, photographies, poèmes et vidéos. L’artiste explore sans complexe les médiums, utilisant tant la matière organique que le déchet.
L’héritage de l’Histoire coloniale et ses contradictions sont au centre de ses préoccupations. Elle multiplie ainsi les références aux folklore et à la tradition des musées anthropologiques, aux monuments du passé impérialiste et aux formes de l’archive.
Le film Quand je serais morte (2015), dont le titre est emprunté au poète et journaliste haïtien Carl Brouard, est une déambulation fantomatique et hésitante dans le cimetière de Port-au-Prince en Haïti, la première république noire indépendante du monde, pourtant actuellement l’un des pays les plus pauvres de la terre.
Le contexte économique et social en crise de l’île est central aussi dans Conquête et Karnaval - tentative (2015), où le coquillage - symbole de l’indépendance du pays - est bouché par de la cire, comme les oreilles d’Ulysse lors de sa rencontre avec les sirènes dans L’Odyssée d’Homère.
Le chaos organisé que l’artiste a observé sur l’île d’Haïti fait écho aux défis mondiaux actuels. Les céramiques noires qui composent la série Gordian Knots (2017) paraissent des vestiges - ou des vanités, rebuts d’une société en ruines. L’expression « noeud gordien » dérive d’une légende liée à Alexandre le Grand, utilisée pour signifier un problème inextricable. L’oeuvre Peau de chagrin (2016) joue encore une fois avec une expression populaire et une référence à la littérature (cf. Honoré Balzac, La peau de chagrin, 1831). Ici, des photographies d’éléments végétaux et minéraux, prises lors des différents voyages de l’artiste, sont imprimées sur de légers pans de silicone, puis suspendues grâce à des fines chaînes dorées.
Entre fables occultes et science objective, entre le Haïti caribéen et les traditions littéraires européennes, Gaëlle Choisne propose au visiteur de déambuler dans un univers riche de références. Par-là même, elle offre autant de pistes pour comprendre un univers post-colonial qui oscille constamment entre fiction et réalité, nostalgie et fantasme.

Photo : Peau de chagrin, 2m3 de superficie, silicone, transfert photographie couleur, chaînes contre-plaqué or, 2016. Courtesy of Untilthen

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