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TAFAA-VUCA

Maison des arts de Créteil - TAFAA-VUCA

TAFAA-VUCA

Chloé Delarue

Chloé Delarue
née en 1986
vit et travaille à Genève

Dans les installations de Chloé Delarue, le visiteur baigne dans une ambiance sourde - entre la moiteur d’une serre tropicale et l’aseptisation glaciale d’un data center.
L’artiste crée des environnements composites, où cohabitent des éléments naturels, des assemblages d’objets manufacturés ainsi que des dispositifs numériques de génération d’images. Entre le laboratoire et l’atelier d’alchimiste (ses projets récents sont regroupés sous le nom de TAFAA pour Toward A Fully Automated Appearance - sorte de nom de code d’une sombre expérience), ses installations nous plongent dans un flux incessant de fluides - communications numériques et sécrétions corporelles. Néanmoins, si la métaphore scientifique vient rapidement à l’esprit, cette circulation de fluides anime autant qu’elle contamine un domaine d’ordinaire lisse et amicrobien.
Ainsi, dans les installations de Chloé Delarue, du matériel technique (écrans, néons, circuits imprimés) et usiné (verre, métal) jouxte des matériaux organiques (plantes, latex, sécrétions). Le biologique vient s’agréger à la surface vitrifiée et luminescente des outils de communication (TAFAA - ENCODE, 2016), les gaines de câbles électriques se transforment en lianes infestant l’espace (TAFAA - MIRAGE STUNT RISE, 2016).
Entremêlant les champs d’influence, des théories scientifiques et sociales aux mythes tribaux ou encore à l’anticipation, l’artiste érige sous nos yeux la dégénérescence de la société contemporaine, où manipulation et reconnaissance permanente des individus et de leur environnement sont manifestes. La pièce TAFAA - TECH SENSE ORNAMENT (2016) convoque par exemple l’agent-espion Solid Snake du jeu vidéo Metal Gear, personnage ayant été créé par assemblage génétique. Il y sert de point de départ à une une vidéo présentant des anomalies faciales dupliquant son apparence.
Les installations de Chloé Delarue peuvent alors être vues comme des simulations grandeur nature d’expériences obscures ou d’ateliers clandestins, recyclant les outils et les ornements de notre civilisation numérique. Métamorphose et mutation y sont constantes (les pièces elles-mêmes y sont transfigurées par l’éclairage - TAFAA - ROSEN CHEW, 2015, qui baigne dans une lumière jaunâtre). L’inerte, le morbide et le vivant collaborent dans cette entreprise quasi-empirique de chercher la vie sous les écrans.

photo : TAFAA-VUCA, 2017, technique mixte, vue de l’exposition à UP, Lausanne (ch) ©FD

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